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samedi 2 juin 2018

Les séismes de Mayotte ne détruisent pas les maisons, mais cassent le moral

Les traces visibles de ces séismes ne sont pas spectaculaires: quelques fissures dans les bâtiments, et des carrelages cassés. C’est surtout dans l’état psychologique de la population que l’on constate les dégâts les plus importants. 

Les multiples séismes que subit l’île de Mayotte depuis le 10 mai dernier n’ont démoli aucune maison, et n’ont tué ni gravement bléssé personne. On compte « une vingtaine de patients pris en charge par les services d’urgence » indique le Préfet Dominique Sorain, « quelques uns à cause de chutes dans des escaliers, et la plupart pour des crises d’angoisse ».

Ces tremblements de terre à répétition provoquent des peurs violentes et des crises de tachycardie. Hormis quelques rares fatalistes, les habitants sont pour la plupart épuisés par des nuits sans sommeil depuis plus de trois semaines, à guetter le moindre bruit annonciateur d’un séisme. Généralement une sorte de petit grondement vibrant qui s’amplifie en quelques dixièmes de secondes. S’endormir devient problématique car on risque de ne pas sentir la petite vibration annonciatrice, et être ainsi réveillé en sursaut au plus fort du tremblement. Cela sans avoir le temps de se mettre en sécurité « sous une table, au pied d’un mur porteur, ou dans l’encadrement d’une porte » comme le stipulent les consignes de sécurité largement diffusées par les autorités. Certains se sont résignés à dormir dehors, de peur de voir le plafond s’effondrer sur leurs têtes.

« J’ai l’impression de devenir folle »

Une pharmacienne de Mamoudzou indique que les anxiolytiques figurent parmi les médicaments les plus prescrits en ce moment, « mais certains ont peur de les prendre, de crainte de ne pas être suffisamment réactifs pour se mettre à l’abri » indique-t-elle. Sur le réseau social Facebook, un groupe intitulé « Signalement Tremblement de Terre Mayotte » rassemble près de 10 000 internautes. Ils y déversent jour et nuit leurs angoisses. « J’ai l’impression de devenir folle » dit une participante « quelque soit la magnitude, j’ouvre les yeux la boule au ventre. La nuit je me réveille en sursaut avec un cœur qui bat vite et l’info qui arrive au cerveau avec une telle puissance ! ». Beaucoup de témoignages font état de vertiges ou d’une « impression de flotter en permanence ». Des parents se plaignent de ne pas pouvoir rassurer les enfants, et pour cause : ces parents sont eux-mêmes terrorisés.

Des paroles rassurantes… qui ne rassurent pas

Depuis le début de cette crise, la matinée du vendredi 1er juin a été l’une des plus éprouvantes.
« Une rafale de séismes » - l’expression fut employée par la préfecture – a frappé la population aux premières heures du jour : Treize secousses en à peine plus d’une heure, dont deux dépassant la magnitude 5. Puis d’autres assez fortes, un peu plus espacées, jusqu’à la mi journée.
Ce même 1er juin, la mission promise par le gouvernement a atterri à Mayotte au moment précis où un certain calme semblait revenu. Ces spécialistes ont d’emblée tenu des propos rassurants : « Nous ne devrions pas avoir de magnitude supérieure à 6 » ont-ils affirmé. Il y a là peut-être de quoi calmer les plus anxieux ; quoique l’emploi du conditionnel, « nous ne devrions pas… » laisse toujours planer un petit doute bien désagréable.

Bruno Minas | Source: Mayotte 1ère 

samedi 26 mai 2018

Jet de projectiles contre une brigade anti-criminalité, un policier perd un oeil

Un policier de la Bac de Mayotte a perdu l'usage d'un œil après avoir été blessé par un jet de projectile, jeudi soir, lors d'une opération de maintien de l'ordre à Mamoudzou.

Un policier de la Bac de Mayotte a perdu l'usage d'un œil après avoir été blessé par un jet de projectile, jeudi soir, lors d'une opération de maintien de l'ordre à Mamoudzou, ont indiqué vendredi des sources concordantes.

Jeudi soir, vers 22h40, une vingtaine de personnes ont jeté des projectiles sur l'équipe de nuit de la Brigade anti-criminalité (Bac), à Mamoudzou. Le chef de la Bac a reçu une pierre au visage, qui a entraîné une fracture du plancher orbital de son œil gauche, a-t-on indiqué vendredi de source policière.

La ministre des Outre-mer a condamné cet acte. Le policier a perdu l'usage de son œil et a été hospitalisé pour une reconstruction faciale, selon la même source. La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, a condamné, dans un communiqué "cet acte de violence inacceptable" et assuré "de son soutien indéfectible au policier blessé, à sa famille et à ses collègues". "L'auteur de ce jet de pierre a été interpellé et placé en garde à vue. Il a reconnu les faits", a précisé le ministère.

Par Europe1 .fr avec AFP

vendredi 25 mai 2018

Décès de l'ancien sénateur Adrien Giraud à l'âge de 82 ans

Le Sénateur Adrien Giraud nous a quitté ce jeudi soir à l'âge de 81 ans. Fervent combattant pour Mayotte Française et leader emblématique du MPM puis du MDM dont il fut le Président, il a été de tous les combats aux côtés de Marcel Henry, Younoussa Bamana, Zéna Mdéré et consorts pour ancrer l'île dans la république française et transformer le territoire en département.

Conseiller Général, Président puis Sénateur, il aura marqué de sa poigne la riche histoire de Mayotte qui perd aujourd'hui l'un de ses plus grands défenseurs.

Ses obsèques auront lieu ce dimanche à 13:00 à Dzaoudzi. Source: Mayot' News

mercredi 23 mai 2018

Crise sismique : L'Union Départementale recense les familles inquiètes

Selon le président de l'Union Départementale des Associations Familiales (UDAF) de Mayotte, Monsieur ALI Nizary, l'activité sismique inquiète de plus en plus les familles. Elle développe chez certaines personnes des sérieux soucis de santé notamment pour les femme enceintes et les personnes âgées.

La structure recueille ces jours-ci beaucoup de témoignages de personnes, notamment des enfants et des personnes âgées qui sont complètement perturbés par l'épi phénomène et qui passent des nuits blanches.

L'UDAF qui partage ces inquiétudes demande aux autorités de continuer à informer et à rassurer les familles. Elle encourage également la population à multiplier les prières dans les différents villages.

Enfin elle déclare soutenir l'ensemble des familles et demande a ces dernières d'être plus que jamais solidaires dans ces moments de trouble. Source: Mayot' News

Crise sismique : Que faire en cas de séisme ?

Vous pouvez assurer votre protection lors d’un tremblement de terre.

Si vous êtes à l’intérieur :
Image d'illustration 

- demeurez à l’intérieur;
- abritez-vous sous un meuble lourd (table, bureau, lit);
- agrippez-vous au meuble sous lequel vous vous êtes réfugié afin de rester bien couvert;
- couvrez votre tête et votre torse afin de vous protéger des objets qui pourraient tomber lors du tremblement de terre;
- accroupissez-vous le long d’un mur si vous ne pouvez pas vous abriter sous un meuble lourd ou si vous êtes dans un couloir;
- éloignez-vous des fenêtres et des portes.

Si vous êtes en fauteuil roulant, verrouillez les roues et protégez-vous le cou et la tête.

Si vous êtes à l’extérieur :

- demeurez à l’extérieur;
- réfugiez-vous dans un endroit dégagé, à l’écart des immeubles et loin de la foule si vous êtes dans un lieu achalandé.

Si vous êtes au volant :

- arrêtez la voiture dans un endroit sécuritaire, à l’écart des immeubles et des ponts en vous assurant de ne pas bloquer la route;
- demeurez à l’intérieur de votre véhicule;
- écoutez la radio pour connaître les consignes des autorités;
- ne sortez pas de votre véhicule et attendez que l’on vous porte secours si des fils électriques sont tombés sur votre voiture.

Si vous êtes dans un bus, demeurez assis jusqu’à ce qu’il s’arrête. Réfugiez-vous ensuite dans un endroit protégé. Si c’est impossible, restez assis, penchez-vous vers l'avant et protégez votre tête.

Par ailleurs et pour conclure,notez que les tremblements de terre peuvent provoquer d’importantes vagues océaniques appelées tsunamis. Demeurez à l’affût des alertes si vous habitez ou si vous vous trouvez à proximité de l’océan et respectez les règles de sécurité qui prévalent lors d'un tsunami. Source: Mayot' News

lundi 14 mai 2018

Les jeux de l’océan indien : un événement sous traité ?

Chaque année revient avec les alizés l’annonce de l’ouverture des Jeux de l’océan indien, un événement rassemblant depuis 1995 les athlètes des Seychelles, Djibouti, Madagascar, Mayotte, La Réunion et Maurice. Chaque année cet événement se réduit aux cris d’effroi : “oh ! L’Union des Comores a interdit aux Mahorais de défiler derrière le drapeau français lors de la cérémonie d’ouverture. C’est indigne !” Et l’on s’en tient au fait divers, cette année encore où les jeux se déroulent à Djibouti…

Faible couverture par les médias

Une recherche Internet rapide dans les actualités, le démontre : les Jeux de l’océan indien sont sous traités. Le site de la Commission de la jeunesse et des sports de l’océan indien (CJSOI), l’organisateur, n’apporte aucune information récente ; un article malgache annonce en octobre 2017 la tenue des jeux en avril 2018, un article mauricien interroge la sécurité anti-terroriste à Djibouti, un article de La Réunion traite des athlètes réunionnais, les Seychellois s’envolent grâce à Air Seychelles (merci la pub !), les Comoriens partiront avec des musiciens pour diffuser leur culture (à défaut d’exploits sportifs ?), une vidéo de Youtube montre les Mahorais défilant derrière le drapeau de la CJSOI où Mayotte est figurée dans l’archipel des Comores, un article du Journal de Mayotte porte sur l’organisation matérielle du départ et la possibilité ‒ ratée ‒ de rassembler Mahorais et Réunionnais derrière la bannière française, la ligue de foot de Mayotte qui annonce les matches de foot, quelques brèves orales le soir sur Mayotte première…

Les plus informatifs sont les Malgaches qui traitent de résultats et de l’entrainement de certaines de leurs équipes grâce à l’appui financier et technique de la Chine.

Constat : nous avons droit à des articles épars et portant peu sur les événements sportifs.

Bilan : peu de monde touché, peu d’actions supplémentaires de développement du sport français et de son rayonnement.

Mais les journalistes ne se font peut-être que l’écho de la faible action politique et diplomatique…

Le paravent de l’exploitation nationaliste des jeux par les Comores

Alors que la CJSOI prône “le rapprochement de la jeunesse des différents territoires francophones de l’océan indien”, les dirigeants de l’Union des Comores utilisent ces jeux pour revendiquer Mayotte. Chaque année, les Mahorais se voient interdire les couleurs françaises et se vengent parfois par les couleurs de leurs survêtements.

Mais est-ce un problème ?

Les jeunes mahorais sont faiblement informés par leurs parents du choix de leurs aïeux qui ont choisi à plusieurs reprises de rester Français quand leurs voisins comoriens accédaient à l’autonomie en 1974. Chaque année, aux jeux de l’océan indien, les autorités comoriennes rappellent et justifient le choix des Mahorais d’être indépendants de ce pays qui leur refuse le droit à s’autodéterminer et qui, de toute façon, n’a pas les moyens de les scolariser, soigner, nourrir et entraîner sportivement.

Enfin, les gesticulations comoriennes ont-elle changé la donne ? Empêchent-elles réellement les jeunes mahorais de concourir chaque année et de battre les athlètes comoriens ? Ont-elles permis d’annexer Mayotte ? Ont-elles amélioré le quotidien des Comoriens ?

Y a-t-il deux Frances concurrentes ?

Les autorités françaises devraient se saisir d’un tel événement sportif autant que symbolique. La décision mahoraise est bafouée chaque année. La France peut trancher et imposer que Mayotte défile sous ses couleurs (le drapeau du département mahorais est d’ailleurs sur la page d’accueil du site de la CJSOI, comme quoi c’est possible…). Autrement, la France peut rassembler Mayotte et La Réunion sous des couleurs communes. Je propose bleu-blanc-rouge ? Le Journal de Mayotte explique que les Mahorais n’ont pas assez d’athlètes pour couvrir toutes les disciplines et que le budget n’est pas extensible à loisir. Cependant, 95 mahorais concourent parmi quelque 700 sportifs. Qui plus est, la finalité des jeux est la rencontre entre jeunes : alors donnons la priorité aux sportifs français tout du long de l’année afin que les jeux de l’océan indien ne soient pas une finalité mais un moyen de progresser ! Créons les infrastructures départementales comme support de fond de tous nos jeunes et comme centre d’accueil des jeux de l’océan indien, un jour. Enfin, puisque la bannière française ne peut être interdite dans l’océan indien, défilons ensemble et faisons un pied de nez aux dirigeants comoriens et à d’autres nations telles que la Chine.

L’étoile montante de la Chine

La Chine est le premier PIB du monde. Voilà de quoi réjouir ses armées de pauvres survivant chez elle. Mais, généreuse, elle s’occupe des athlètes malgaches, du port et de l’hôpital de Moroni (Comores) et china.orgs’intéresse à l’événement sportif qui nous concerne en publiant un article. Cet article, parmi des informations géopolitiques, est là pour dire : “vu ! on vous a vu Djibouti et la France !” et l’on termine l’article avec le thème “du développement de la coopération régionale.” Belle ironie si l’on considère les contestations comoriennes et la participation de la Chine au côté de Madagascar, au moins.

Y a-t-il un pilote dans la pirogue française ?

De l’entrainement commun de nos jeunes au rayonnement de notre pays ; de la concertation entre deux départements français à la défense de nos intérêts en lien avec les autres pays de l’océan indien : où est le pilote ? Y a-t-il une orientation, dans cet Est français, qui se dessine nettement ? Ou alors navigue-t-on à vue, conduits par des gestionnaires obnubilés par le quotidien entre budget prévisionnel et compte administratif, avancement de carrières et mutations, dotations budgétaires de Paris ?

Se contente-t-on d’une façade qui se lézarde quand nos concurrents montent peu à peu leurs lignes de parpaings ? Donnez-nous du souffle !

Armand Launay ♦ Enseignant en philosophie.
Source: metamag.fr